La sécurité sociale n’est pas un jeu... Mais on y gagne à tous les coups !

Détournement de fonds

La sécurité sociale ne bénéficie pas qu’aux travailleurs. Si les employeurs payent des cotisations – qui sont en fait un salaire différé -, ils puisent aussi allègrement dans les caisses de la sécurité sociale.

En 2013, 5,1 milliards ont ainsi été ristournés aux employeurs au titre d’aides à l’emploi sous forme de réductions de cotisations sociales. La sécu a ainsi été utilisée pour financer des politiques d’emploi, c’est-à-dire détournée de sa fonction première.

Avec quelle efficacité ? Incontestable lorsque les aides publiques ont été assorties de conditions d’emploi, comme ce fut le cas pour le Maribel social.

Par contre, difficile de faire la part entre les effets d’aubaine et les incitants réels à l’embauche lorsque les aides aux entreprises ne sont assorties d’aucune condition.

On peut cependant constater un étrange parallélisme entre la progression des aides aux employeurs et la progression des dividendes. Entre 1996 et 2013, les dividendes ont progressé de près de 14 milliards et les subsides aux entreprises de 9,5 milliards.

Et c’est sans compter les avantages fiscaux. Les quelque 12 milliards d’aides aux entreprises (réductions de cotisations + avantages fiscaux) représentent exactement ce que paient les entreprises au titre de l’impôt des sociétés…